Assurance emprunteur
Garantie exigée par la banque lors d'un crédit immobilier, qui prend en charge le remboursement en cas de décès, invalidité ou incapacité de travail. Depuis la loi Lemoine du 28 février 2022, elle peut être résiliée et changée à tout moment, sans frais, à condition que le niveau de garanties du nouveau contrat soit équivalent. Fait chiffré : selon un baromètre professionnel cité par plusieurs comparateurs, 92 % des emprunteurs ayant changé d'assurance ont réalisé des économies, dont 15 % au-delà de 10 000 € sur la durée du prêt — pourtant seuls 17 % des Français avaient effectivement changé d'assurance en 2024, signe d'un droit encore largement sous-utilisé.
Capacité d'emprunt
Montant maximal qu'une banque estime pouvoir prêter à un emprunteur compte tenu de ses revenus, charges, apport et du taux d'endettement réglementaire. Le calcul officiel s'appuie sur les règles du HCSF : taux d'effort de 35 % maximum et durée de crédit limitée à 25 ans (27 ans en cas de différé sur un achat en VEFA). Nuance : la capacité d'emprunt évolue avec les taux d'intérêt — à revenus identiques, une hausse des taux réduit mécaniquement la somme empruntable, même si le taux d'endettement reste inchangé.
Capital restant dû
Montant qu'il reste à rembourser sur un crédit à un instant donné, hors intérêts futurs, qui diminue mécaniquement à chaque mensualité versée. Cette donnée, présente sur le tableau d'amortissement remis par la banque, sert de référence pour calculer le coût d'un remboursement anticipé ou la faisabilité d'un rachat de crédit. Nuance souvent mal comprise : sur les premières années d'un crédit immobilier classique, la part de la mensualité qui réduit effectivement le capital restant dû est faible — l'essentiel sert d'abord à payer les intérêts, ce qui explique pourquoi un remboursement anticipé précoce est proportionnellement plus efficace qu'un remboursement tardif.
Co-emprunteur
Personne qui souscrit un prêt avec un autre emprunteur, partageant les mêmes droits et obligations, chacun étant responsable du remboursement intégral du crédit si l'autre ne peut plus payer. Cette solution permet généralement d'augmenter la capacité d'emprunt grâce à la prise en compte cumulée des revenus, un mécanisme central dans le calcul du taux d'endettement encadré à 35 % par le HCSF. Nuance : cette solidarité entre co-emprunteurs perdure même en cas de séparation du couple — tant que le crédit n'a pas été désolidarisé ou racheté par l'un des deux, chacun reste juridiquement responsable de la totalité de la dette envers la banque.
Source : taux d'endettement encadré à 35 % par le HCSF
Crédit à consommation
Prêt accordé à un particulier pour financer un achat ou projet personnel (voiture, travaux, voyage), sans lien avec un projet immobilier, encadré par le Code de la consommation pour des montants compris entre 200 € et 75 000 €. Depuis la loi Lagarde de 2010, toute publicité laissant entendre qu'un tel crédit améliore la situation financière de l'emprunteur est explicitement interdite. Nuance : au-delà de 75 000 €, l'opération ne relève plus du crédit à la consommation mais d'un régime distinct du Code de la consommation, avec des obligations d'information différentes pour le prêteur.
Source : loi Lagarde de 2010
Crédit relais
Prêt de courte durée permettant de financer l'achat d'un nouveau bien immobilier avant la vente de l'ancien, la banque avançant une partie de la valeur estimée du bien à vendre. Nuance de risque à bien mesurer : si le bien tarde à se vendre ou se vend à un prix inférieur aux prévisions initiales de la banque, l'emprunteur peut se retrouver en difficulté pour rembourser le crédit relais à l'échéance prévue, cumulé au nouveau crédit contracté pour l'achat.
Crédit renouvelable
Réserve d'argent mise à disposition de l'emprunteur, utilisable en tout ou partie et qui se reconstitue au fil des remboursements, aussi appelée « crédit revolving » avant l'interdiction de ce terme par la loi Lagarde. Selon Cileo Habitat, les taux pratiqués restent nettement supérieurs à ceux d'un prêt personnel classique — bien que plafonnés par le taux d'usure trimestriel de la Banque de France, ils se situent généralement proche de cette limite haute. Nuance réglementaire : depuis la loi Lagarde, l'organisme prêteur doit vérifier la solvabilité de l'emprunteur avant chaque reconduction annuelle du contrat, et non plus seulement à l'ouverture, une obligation destinée à limiter les situations de surendettement.
Source : Cileo Habitat
Frais de notaire
Sommes versées lors d'un achat immobilier à la signature de l'acte authentique, comprenant principalement des taxes reversées à l'État et aux collectivités locales, ainsi que la rémunération propre du notaire. Dans le cadre d'une garantie hypothécaire, ces frais s'alourdissent encore : selon Bouygues Immobilier, le montant de l'hypothèque elle-même représente environ 2 % du prêt garanti (émoluments du notaire, taxe de publicité foncière, TVA). Nuance : ces frais ne peuvent généralement pas être financés par le prêt immobilier lui-même — ils doivent être couverts par l'apport personnel de l'acquéreur, ce qui explique pourquoi les banques exigent souvent un apport minimal équivalent à leur montant.
Source : Bouygues Immobilier
Loi Lagarde
Loi du 1er juillet 2010 qui a renforcé la protection des emprunteurs en matière de crédit à la consommation, en encadrant plus strictement la publicité, le crédit renouvelable et le contrôle de solvabilité. C'est cette loi qui a mis fin aux slogans publicitaires du type « réduisez vos remboursements de 50 % » pour les opérations de rachat de crédit, désormais jugés trompeurs sur la réalité du coût total de l'opération. Nuance : la loi Lagarde a aussi consacré le principe de la délégation d'assurance sur les crédits immobiliers — un droit qui sera considérablement élargi douze ans plus tard par la loi Lemoine de 2022, permettant la résiliation à tout moment.
Prêt à taux zéro (PTZ)
Prêt immobilier aidé par l'État, sans intérêts ni frais de dossier, réservé aux primo-accédants pour financer une résidence principale neuve ou ancienne avec travaux. Le dispositif est prorogé jusqu'au 31 décembre 2027, et depuis avril 2025, le PTZ neuf est ouvert à toutes les zones du territoire, y compris les zones rurales (zone C), ce qui n'était pas le cas auparavant. Nuance : le PTZ ne finance jamais la totalité de l'opération — il doit obligatoirement être complété par un crédit classique, et l'éligibilité dépend du revenu fiscal de référence de l'année N-2, pas des revenus actuels du foyer.
Rachat de crédit (regroupement de crédits)
Opération consistant à faire racheter par un même établissement un ou plusieurs crédits en cours (immobilier et/ou consommation) afin de n'avoir plus qu'une seule mensualité, généralement plus faible. La Finance Pour Tous précise qu'il s'agit d'une solution à utiliser avec prudence : la baisse de mensualité s'obtient le plus souvent par un allongement de la durée totale de remboursement, ce qui augmente in fine le coût global du crédit. Nuance réglementaire : depuis la loi Lagarde de 2010, toute publicité pour un rachat de crédit qui laisserait entendre que l'opération améliore la situation financière de l'emprunteur ou constitue un substitut d'épargne est explicitement interdite par le Code de la consommation.
Taux d'endettement
Part des revenus mensuels nets consacrée au remboursement de l'ensemble des crédits, assurance emprunteur comprise. Depuis le 1er janvier 2022, le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) a rendu ce seuil de 35 % juridiquement contraignant pour tous les établissements de crédit. Nuance : une marge de dérogation existe — les banques peuvent dépasser ce seuil pour au maximum 20 % de leur production trimestrielle de crédits, notamment en faveur des primo-accédants ou des dossiers à fort reste à vivre.
Taux d'intérêt
Pourcentage utilisé pour calculer le coût d'un emprunt ou la rémunération d'une épargne sur une période donnée, généralement une année. À ne pas confondre avec le TAEG : le taux d'intérêt (ou taux nominal) ne représente qu'une partie du coût réel d'un crédit, qui inclut aussi les frais de dossier, de garantie et l'assurance emprunteur — ce TAEG global ne pouvant jamais dépasser le taux d'usure fixé trimestriellement par la Banque de France. Nuance : sur un placement, c'est le taux d'intérêt réel (net de l'inflation) qui détermine le gain de pouvoir d'achat effectif — un taux nominal de 1,7 % (Livret A depuis août 2026) reste ainsi inférieur à une inflation attendue à 2 % en 2026, ce qui signifie un rendement réel légèrement négatif malgré la revalorisation.
Source : ce TAEG global ne pouvant jamais dépasser le taux d'usure fixé trimestriellement par la Banque de France
Taux d'usure
Taux annuel effectif global (TAEG) maximal qu'un établissement de crédit est légalement autorisé à pratiquer, calculé chaque trimestre par la Banque de France à partir d'un échantillon de taux réellement pratiqués, majoré d'un tiers. Depuis le 1er juillet 2026, les plafonds sont de 4,07 % (moins de 10 ans), 4,57 % (10 à 20 ans) et 5,29 % (20 ans et plus) pour un crédit immobilier à taux fixe. Nuance : un relèvement du taux d'usure n'est pas une mauvaise nouvelle pour l'emprunteur — il élargit au contraire la marge entre les taux pratiqués par les banques et le plafond légal, ce qui débloque des dossiers auparavant refusés pour dépassement du seuil.
Taux fixe
Taux d'intérêt qui reste identique pendant toute la durée d'un crédit, garantissant des mensualités connues dès la signature. C'est la formule très largement dominante sur le marché français du crédit immobilier, où les plafonds du taux d'usure publiés par la Banque de France distinguent d'ailleurs des catégories spécifiques pour les prêts à taux fixe selon leur durée. Nuance : l'emprunteur en taux fixe ne profite jamais d'une baisse ultérieure des taux du marché, sauf à renégocier ou faire racheter son crédit, une opération qui n'est généralement rentable qu'à partir d'un écart de taux d'au moins 0,7 point.
Taux variable (ou révisable)
Taux d'intérêt qui évolue pendant la durée du prêt en fonction d'un indice de référence, à la hausse comme à la baisse. La Banque de France publie d'ailleurs un plafond de taux d'usure distinct pour cette catégorie de prêts, fixé à 5,28 % au troisième trimestre 2026, légèrement supérieur à celui des prêts à taux fixe sur 20 ans et plus. Nuance : un taux variable « capé » limite l'ampleur de la hausse possible (par exemple ± 1 ou 2 points), ce qui réduit le risque sans l'annuler complètement, contrairement à un taux variable non plafonné, aujourd'hui rare sur le marché français.